27/01/2017

Les Juifs chassés de Bruxelles (in: UBU, 13/04/2016)

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Brussel (Bruxelles) - L'ULB, un foyer d'antisémitisme ... toléré (in:

http://jn.lesoir.be/#/article/220816 Peut-on être juif à l’ULB?

Christophe Goossens, avocat, ancien étudiant à l’ULB, président de la commission juridique de la Ligue belge contre l’antisémitisme 

10 mars 2015 

Le 4 mars dernier, des étudiants juifs ont été pointés du doigt et insultés, aux cris de « sionistes, fascistes ». Pour être à la hauteur de ses valeurs, l’ULB devrait affirmer qu’il n’y a pas de place, en son sein, pour des mouvements prônant la discrimination anti-israélienne. 

La question paraîtrait saugrenue tant les Juifs aiment l’ULB. La plupart des Juifs de Belgique ont toujours vu l’Université Libre de Bruxelles comme celle où il est naturel qu’ils étudient ou qu’ils enseignent, celle où ils veulent que leurs enfants s’y forment l’esprit. Ils la voient souvent comme leur université et ont pour elle un attachement sentimental profond. Sans doute parce que les valeurs de l’ULB, et en particulier le libre-examen, rejoignent les fondements traditionnels de la pensée juive, qui est rebelle, subversive, rétive à l’argument d’autorité, en un mot : libre.

Est-ce en train de changer ? Pourquoi, aujourd’hui, de nombreux Juifs diplômés de l’ULB disent-ils qu’ils préfèrent que leurs enfants étudient dans d’autres universités, souvent à l’étranger, plutôt qu’à l’ULB dont ils sont issus ? Cette question est existentielle pour l’avenir de la communauté juive de Belgique : lorsque les enfants étudient à l’étranger, ils y restent bien souvent, de sorte que l’on risque d’assister à un lent exode des Juifs de Belgique s’ils ne peuvent plus se sentir chez eux à l’ULB.

Le 4 mars dernier, à l’occasion d’une manifestation anti-israélienne organisée par le comité BDS, des étudiants ont été pointés du doigt, apostrophés, insultés, aux cris de « sionistes, fascistes, c’est vous les terroristes ». Le motif ? Ces étudiants sont membres de l’Union des Etudiants Juifs de Belgique, ou supposés tels. Comme le montrent les images tournées par un étudiant, ces invectives n’étaient pas des slogans de manifestation formulés de manière générale contre le sionisme. C’étaient des insultes expressément dirigées contre des étudiants physiquement présents, contre des jeunes qui n’ont pu qu’écouter passivement les cris de haine ainsi aboyés contre eux.

Certes, ces insultes désignaient les étudiants comme « sionistes », et pas comme Juifs. D’aucuns en déduisent que ces insultes n’avaient rien d’antisémite. Mais quel degré d’aveuglement faut-il avoir atteint pour croire encore en 2015 à de telles balivernes ? Si l’on insulte des étudiants parce qu’ils sont membres de l’Union des Etudiants Juifs de Belgique, on les insulte parce qu’ils sont juifs.

Avant les attentats de Toulouse, de Bruxelles, de Paris et de Copenhague, cela faisait des années qu’avec d’autres, nous tirions la sonnette d’alarme : l’antisémitisme va tuer. Ici. Dans des écoles juives. Dans des synagogues. Partout où les antisémites penseront trouver des juifs. On tuera des enfants juifs au nom de la défense des enfants palestiniens, disions-nous. Les antisémites tueront au nom de l’antisionisme. Cela faisait des années que nous disions que l’antisionisme était le nez creux de l’antisémitisme, le visage honorable de la haine. On nous disait que pas du tout, que nous avions tort de prendre toute critique d’Israël pour de l’antisémitisme. Nous répondions que nous n’avions aucune difficulté avec la critique de la politique israélienne, mais bien avec la diabolisation d’Israël. L’obsession anti-israélienne entraîne par répercussion un climat d’hostilité envers les Juifs de diaspora qui, de manière presque unanime, se sentent solidaires à des degrés divers avec le peuple israélien.

Nous disions que l’hystérie anti-israélienne était irresponsable et que l’incendie était garanti si l’on continuait à jeter de l’huile sur le feu. Nous aurions aimé avoir eu tort. Nous aurions voulu crier au loup et que le loup ne vienne jamais. Mais il est venu. Les faits nous ont malheureusement donné raison.

Deux attitudes possibles 

Nous pensons qu’il y a aujourd’hui deux attitudes possibles face à la tragédie qui est en train de se jouer à l’ULB. La première consiste à faire de l’intellectualisme à deux sous, en jouant sur les mots, en disant que si l’antisionisme consiste en une simple opposition à la politique israélienne, il est acceptable, tandis que s’il s’agit d’antisémitisme déguisé, il est condamnable. La charge de la preuve incombant bien entendu aux Juifs, puisqu’ils sont les accusateurs. C’est l’attitude adoptée par le rectorat de l’ULB, qui non content d’avoir reconnu les objectifs haineux du comité BDS comme compatible avec ses valeurs, a fait pression sur les étudiants juifs invectivés pour les forcer à signer un communiqué « apaisant », dans lequel, en réalité, les insultés sont contraints à tendre la main aux insulteurs. Le rectorat de l’ULB se croit ainsi parfaitement équitable : pensez, on va organiser des débats dans lesquels le même temps de parole sera donné aux Juifs et aux antisémites/antisionistes. On semble ainsi oublier le lien de cause à effet entre l’hystérie anti-israélienne et les attentats antisémites. Cette causalité est pourtant assumée par les auteurs des attentats eux-mêmes, qui ont systématiquement justifié leurs meurtres par leur opposition à la politique israélienne.

La tactique de l’apaisement adoptée par le rectorat, destinée à étouffer le scandale, est une compromission qui trahit les valeurs de l’ULB. Elle est vouée à l’échec. Lorsqu’on ne voit pas la haine pour ce qu’elle est, qu’on se voile la face, que l’on ne met pas de mots sur les actes, qu’on accepte tous les jeux sémantiques, on est condamné à subir. Encore dix ans, et il n’y aura plus de Juifs à l’ULB.

L’autre solution consiste à reconnaître l’antisionisme pour une forme d’antisémitisme, comme le fait par exemple le premier ministre français, Manuel Valls. Comment qualifier autrement le fait de dénier au seul peuple juif le droit à l’auto-détermination, alors qu’on le reconnaît pour tous les autres peuples de la terre ?

Pour être à la hauteur de ses valeurs, l’ULB devrait affirmer qu’il n’y a pas de place, dans l’université du libre-examen, pour des mouvements prônant la discrimination anti-israélienne, encourageant à la diabolisation et pratiquant l’insulte. Pense-t-on sérieusement que l’ULB tolérerait un cercle dans lequel on encouragerait à boycotter les commerçants, entreprises, artistes, professeurs, étudiants et universités marocains et turcs sous prétexte d’opposition à la politique des gouvernements marocain et turc ? Un cercle qui hurlerait aux membres du Cercle des étudiants arabo-européens : « musulmans, fascistes, c’est vous les terroristes » ? Y aurait-il un seul intellectuel pour dire qu’il ne s’agit pas de racisme ? Trêve de faux-semblants : BDS incarne le naufrage de certains intellectuels d’extrême-gauche, qui se vautrent dans l’antisémitisme, ce « socialisme des imbéciles ». Ceux qui aiment sincèrement l’ULB doivent pouvoir lui dire, avec amitié mais aussi avec franchise, que son rectorat s’égare en tolérant de telles dérives.

 

22:52 Écrit par justitia & veritas | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Brussel (Bruxelles) - Faouzia Hariche, antisémite? (in: La Capitale, 15/06/2015)

La Capitale  be

Publié le Lundi 15 Juin 2015 à 16h11

Régions > Bruxelles > Actualité

Bruxelles: la Ligue belge contre l'antisémitisme fâchée contre la Ville et l'échevine Faouzia Hariche

Rédaction en ligne

Il y a de la tension entre la Ligue belge contre l’antisémitisme (LBCA) de Joël Rubinfeld et l’enseignement public de la Ville de Bruxelles. Joël Rubinfeld l’affirme. Le lien de confiance qu’il avait avec Faouzia Hariche, l’échevine de l’instruction publique et de la jeunesse (PS) est rompu. Envoyer à

D.R.

 

Joël Rubinfeld trouve que l’échevine Hariche n’en fait pas assez.

 

 

Pour le président de la Ligue belge contre l’antisémitisme, l’échevine PS ne se serait pas montrée assez active sur des dossiers concernant des menaces antisémites proférées à l’encontre des écoliers juifs dans des écoles de la Ville de Bruxelles.

Et la goutte d’eau qui a fait déborder le vase s’est produite il y a quelques semaines. «  Lors de l’affaire de Dachsbeek avec ce professeur licencié pour avoir critiqué l’islam sur Facebook, j’ai pu lire dans les médias la réaction de Faouzia Hariche. J’étais choqué par sa déclaration. Surtout la dernière partie où elle explique « qu’il faut être parfaitement respectueux des convictions et de l’origine de chacun de ses élèves […], élèves dont une portion significative est de confession musulmane ou d’origine arabe », la question que l’on doit dès lors se poser est de savoir si la « loi du nombre » sert de grille de lecture à l’échevinat de l’Instruction publique en matière de sanctions. Si tel est le cas, je trouve cela scandaleux  », explique le président de la Ligue belge contre l’antisémitisme.

 

En un peu plus d’un an, ce sont trois gros dossiers qui se sont succédé sur la table de l’échevine. À de nombreuses reprises, Joël Rubinfeld a tenté d’interpeller et pousser Faouzia Hariche à prendre des mesures pour résoudre ce problème d’« antisémitisme étudiant ». En vain. «  Madame Hariche réagit seulement quand les médias ou notre organisation l’interpellent. Pourtant, il s’agit quand même de menaces racistes envers des jeunes juifs, il faut agir avant qu’ils ne prennent la décision de quitter des écoles publiques  ».

Du côté de la Ville de Bruxelles, l’échevine Faouzia Hariche a préféré ne pas faire de commentaire.

 

Malik Korati

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over: André Gantman, "Jood zijn is een avontuur", Pelckmans

Rik Van Cauwelaert, „Wij sturen toch troepen naar Afghanistan?“, in: Knack 04/02/2009, p.26-27

 

Volgens André Gantman, voorzitter van de Joodse organisatie B’nai Brith, jurist en gewezen VLD-schepen van de stad Antwerpen, steekt het antisemitisme andermaal en zonder schroom de kop op.

(p.26)

Want na de Tweede Wereldoorlog waren de Joden er vrij gerust op. 'Na de shoah moest het antisemitisme wel onderdrukt worden, dat kon niet anders.'

Daarin kwam verandering na de Zesdaagse Oorlog. 'Van dan af, zo schrijft Gantman, 'werden Israël en het zionisme zodanig gedemoniseerd, dat het antisémitisme andermaal en zonder schroom de kop opstak.'

 

Gevaar voor wereldvrede

Het recente militaire optreden van de Is­raëli's in Gaza deed in Europa de polemieken heroplaaien, zoals die over de vergelijking die Vlaams minister Bert Anciaux had gemaakt tussen de vermoorde kinderen in Dendermonde en de Palestijnse kinderen die slachtoffer werden van de bombardementen op Gaza. Gantman vreest dat achter veel van die verwijten aan het adres van Israël een verdoken antisemitisme schuilt. Hij gaat daar in zijn boek Jood zijn is een avontuur uitvoerig op in.

(…) 'Wij sturen toch troepen naar Afghanistan?', zegt André Gantman. 'Belgische vliegtuigen bombarderen daar terroristen die ons, Belgen, niet rechtstreeks bedreigen, laat staan dat ze hier moordende aanslagen hebben gepleegd. Toch zijn er die niet aanvaarden dat Israël, dat dagelijks vanuit het Gazagebied met raketten werd bestookt, een einde tracht te maken aan de moordende drijverijen van het Hamasregime. Wat mij doet vermoeden dat hier iets anders, een heime-lijk antisémitisme, in het spel is. '               

(…) 'De aflevering van Man bijt hond van vorige week vrijdag, 30 januari, over de onvrede van de Joodse gemeenschap over de verklaringen van Bert Anciaux was ronduit kwetsend en bevatte alle ingrediënten die indertijd ook door Der Stürmer werden aangewend. Ik vraag me af welke de reactie zal zijn van het Centrum voor Gelijke Kansen, dat vaak afzijdig blijft in gevallen van anti­semitisme.'

Ook de vergelijking tussen de oorlog in Gaza en het beleg door de Duitsers van het getto van Warschau, die een groep prominente Engelse Joden onlangs maakte in de krant The Guardian, snijdt volgens Gantman geen bout.

'Het zou de ondertekenaars van die brief duidelijk moeten zijn dat er geen vergelijking mogelijk is tussen Gaza en het getto van War­schau. In het getto werden honderdduizenden Joden door de nazitroepen samengedreven met slechts één doel: hun totale vernietiging, 'ausrotten', in Auschwitz en Treblinka. De opstand in Warschau begon op 19 april 1943 toen de nagenoeg 60.000 overlevenden beslisten zich niet langer als vee naar de slachtbanken te laten leiden.

'Wat in Gaza gebeurde, is vreselijk. Je zult mij niet het tegendeel horen beweren. Maar Hamas heeft geen ander doel dan de vernie­tiging van Israël en het wordt daarbij geholpen door Iran en Syrie. Hamas heeft nooit geaarzeld kinderen uit te sturen als zelfmoordenaars. Ik kan me niet herinneren dat Bert Anciaux daar ooit tegen heeft geprotesteerd.

'Het gaat hier niet om een oorlog tegen het Palestijnse volk met het oog op een zuivering. De militaire campagne is een antwoord op de raketaanvallen georganiseerd door Hamas vanuit Gaza. Hamas gebruikt de eigen bevolking als schild. De vijanden van de Palestijnen in Gaza zijn niet de Israëli's, maar de top van Hamas, die veelal elders veiligheid zocht'.

 

ANDRÉ GANTMAN,

JOOD ZIJN IS EEN AVONTUUR,

PELCKMANS. 16,50 EURO.

 

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Flashback: Brussel (Bruxelles) 1994 - Me Michel Graindorge projette le buste de l'antisémite Edmond Picard à terre (au Palais de Justice de Bruxelles) (in: LB, 18/02/1994)

18/02/1994

Michel Graindorge

MR GRAINDORGE REVENDIQUE UN ATTENTAT DU SOCIALISME MILITANT A L'ANTISEMITISME(BUSTE D'EDMOND PICARD PROJETE A TERRE)

LAPORTE,CHRISTIAN

Page 17

Vendredi 18 février 1994

Le buste d'Edmond Picard projeté à terre au palais de Justice de Bruxelles

Me Graindorge revendique un «attentat»

L'émoi est grand au palais de Justice de Bruxelles. Sans doute y eût-on préféré qu'on ne médiatisât pas l'affaire, mais comme le parquet a ouvert une information et que tout finit par se savoir...

Jeudi dernier, à l'issue d'une conférence donnée dans le cadre des rencontres littéraires et artistiques au Jeune Barreau par le président du tribunal de commerce, Foulek Ringelheim, sur Edmond Picard, le célèbre avocat qui fut aussi écrivain et même sénateur socialiste mais qui, à l'automne de sa vie, professa certaines idées antisémites, Me Michel Graindorge prit l'initiative de renverser le buste de Picard qui trônait devant la Cour de cassation, lui cassant non seulement le nez mais fêlant aussi au passage plusieurs dalles devant la salle d'audiences.

«NAZI» AVANT LA LETTRE?

Ce faisant, «l'enfant terrible» du Barreau de Bruxelles savait pertinemment bien qu'il commettait un délit contre les propriétés publiques et qu'il est, selon l'article 526 du Code pénal, passible d'un emprisonnement de huit jours à un an pour avoir mutilé ou dégradé des monuments, statues, tableaux ou objets d'art quelconques, placés dans les églises, temples ou autres édifices publics. Soit dit en passant, ceux qui dégradent les plaques indicatrices des rues tombent sous la même disposition...

Michel Graindorge n'en revendique pas moins et totalement son acte qu'il qualifie même de politique! Il confia, du reste, pour asseoir encore sa portée, à un de nos confrères qu'il n'était, au moment des faits, ni dépressif ni sous l'emprise de médicaments voire de l'alcool.

Et, en même temps, il exposa longuement les raisons de son geste iconoclaste au procureur du Roi, Benoît Dejemeppe. Bref, un geste assumé en pleine responsabilité et contrôle de soi.

En fait, Michel Graindorge s'est dit profondément scandalisé par le fait que l'image d'un avocat qui fut pourtant un démocrate avéré avant de verser dans des théories antisémites soit encore présente dans les couloirs de Thémis et y soit même montrée comme une figure emblématique.

Le thème de la conférence du président Ringelheim portait aussi sur cette déviation sous le titre non équivoque de «Edmond Picard: un juriste de race».

Pas question, évidemment, de nier que, pendant les trois quarts de sa vie, l'homme fut un passionné de culture mais aussi un humaniste au service de la Justice et des classes les plus démunies de la société, mais, en fin de parcours, il dériva lentement vers un antisémitisme primaire, indigne à vrai dire, de l'intellectuel qu'il avait été.

Michel Graindorge décida donc de passer à l'acte contre ce qu'il a appelé une statue de nazi (avant la lettre: Picard est mort en 1924!) et n'hésiterait pas à récidiver.

Il est tellement décidé qu'il a déjà annoncé qu'il refuserait tout compromis qui ne ferait qu'accroître le déshonneur...

Le buste retrouvera-t-il sa place? À l'évidence, une question de conscience pour les autorités du palais: qu'on remette ou non Edmond Picard sera, de toute façon, interprété comme un geste politique...

  1. L.

Du socialisme militant à l'antisémitisme

Le jeudi 21 février 1924, un immense titre barrait toute la une du «Peuple»: Edmond Picard est mort. L'«organe de la démocratie socialiste» consacra plus d'une page au décès de l'avocat qui fut aussi sénateur provincial du Hainaut et un grand ami des artistes, dans toutes les formes d'expression. Et dans un éditorial lyrique, il rendait hommage à un grand esprit (qui) a cessé de penser, à une âme d'élite qui ne s'exprimera plus, bref à l'une des personnalités dominantes de ce temps, ensevelie dans la mort.

Emile Vandervelde comparait, de son côté, le départ de Picard à une Lumière qui s'éteint. Un an plus tard, le même journal décrivait longuement l'hommage rendu au palais de Justice de Bruxelles par ses pairs à l'occasion de l'inauguration d'un buste, dû au sculpteur Mascré.

Pour l'occasion, la Conférence du Jeune Barreau avait fait appel aux meilleurs orateurs du moment, des avocats bien entendu, comme Mes Alexandre Braun, Léon Hennebicq ou Paul-Emile Janson, mais aussi des représentants du monde des arts comme Victor Rousseau ou Georges Eeckhoud, alors que la synthèse avait été confiée à Jules Destrée. C'est ce buste qui a été jeté de son piédestal par Michel Graindorge...

Picard, cet homme tellement encensé pour ses engagements de démocrate qui allait entrer au Parti ouvrier belge pouvait-il en même temps être le héraut d'un certain antisémitisme? La réponse est, malheureusement, positive et selon un de ses biographes, René Warlomont, qui retraça sa vie dans la «Biographie nationale» de l'Académie royale de Belgique, c'est précisément sa militance qui devait l'amener à épouser des idées peu compatibles avec la fraternité socialiste... Un «antisémitisme tout cérébral» mais réel quand même...

En fait, Edmond Picard publia sa Synthèse de l'antisémitisme en 1893 alors qu'il s'était résolument rangé derrière la bannière rouge des travailleurs. Les défenseurs de l'avocat disent que c'est son aversion foncière pour les puissances d'argent qui l'auraient amené à devenir antisémite. Tout est cependant question de mesure et il n'était guère excusable qu'un homme d'une grande qualité versât dans cet excès, même si à l'époque, on ne parlait pas encore autant de racisme qu'aujourd'hui. Il n'empêche, que parler de «parts de goinfres» à propos des parts de fondateurs d'entreprises, pour prendre un exemple, était plus qu'un dérapage de langage.

Et plus près de nous, d'aucuns de nous rappeler que la personnalité de Picard ne manqua pas d'impressionner certains porte-parole de l'Ordre nouveau comme Paul Colin qui, dans la revue d'extrême droite «Cassandre», consacra en février 1936 plus d'une page à un gêneur qu'il appréciait beaucoup. Un an plus tard, ses théories furent mises en exergue lors d'un congrès antisémite à Berlin et en 1942, en pleine guerre, une maison d'édition pro-nazie ressortait sa Synthèse de l'antisémitisme...

 

CHRISTIAN LAPORTE

 

 

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Brussel (Bruxelles) - Merry Hermanus: l'antisémitisme au PS de Bruxelles (in: internet, 18/04/2016)

Est-il encore possible d’être Juif et membre de certaines sections du PS dans la région de Bruxelles ?

Publié le 18 avril 2016 | 4 Commentaires

« Il faut savoir nager en eau trouble mais ni point pêcher » . Montaigne.

« En politique, il n’est guère de crime que collectif. »  François Mauriac

« On ne peut pas dissocier la morale de la politique, sinon c’est la violence, la barbarie. »  Albert Camus

Quelle étrange, quelle indécente question !  Effarant qu’on puisse se la poser à notre époque alors que les horreurs indicibles provoquées par l’antisémitisme sont parfaitement connues !

Et pourtant !

D’abord une précision personnelle, pas inutile en l’occurrence.  Je ne suis pas Juif.  Mais j’ai pu observer qu’en général ceux qui faisaient courir le bruit de mon appartenance à cette communauté ne me voulaient pas du bien.  Ainsi, lors de la campagne électorale communale de 1981, un prêtre, très impliqué dans un parti politique, diffusant un journal local, fit courir le bruit que l’un de mes colistiers et moi étions des Juifs Hongrois !  Ne me demandez pas pourquoi Juif Hongrois, je ne l’ai jamais su !  Mais bon !  Un fantasme sans doute, ce curé n’en manquait pas, j’en ai quelques preuves, lorsque je le surpris dans le parc du château de La Hulpe en train de lutiner une conseillère communale bien-pensante, parfaite chaisière…éternelle jupe bleue, chemisier blanc, serre-tête en permanence, me voyant, elle se cacha derrière un arbre.  C’était idiot, j’étais heureux de voir que ce curé avait une bonne et saine sexualité… tout pour me réjouir !

Ensuite, je veux insister sur le fait qu’il ne faut pas généraliser.  Ce qui est malheureusement vrai dans certaines sections, ne l’est évidemment pas dans d’autres !

 

Maintenant les faits.

Lorsque je dirigeais les Centres d’Entreprises de Molenbeek, j’avais été impressionné par la réaction brutale de l’une de mes collaboratrices.  L’un des jeunes entrepreneurs ne pouvant plus payer son loyer, elle m’affirma, « cela ne m’étonne pas de ce Juif ! », je ne sais pas si ce type était Juif, je n’y avais jamais pensé mais, ce qui me choqua, fut le ton employé et l’incroyable mépris quasi physique que ma collaboratrice montra à cette occasion.  Elle n’était cependant pas membre du PS.  Mais aujourd’hui, je fais le lien entre cet antisémitisme dans quelques quartiers de Bruxelles et le climat qui s’est installé dans certaines sections du parti… et là ça se corse !

 

Premier exemple.

A Molenbeek, j’avais été chargé de gérer une société à vocation sociale.  Différents mandataires, socialistes et autres faisaient partie du conseil d’administration.  L’un d’entre eux était Juif.  Moi, je le savais.  Mais son nom à consonance Séfarade ne permettait pas à d’autres de la cibler.  Je fus stupéfait de voir qu’au cours d’une des réunions, ce mandataire a caché qu’il était Juif.  Et que pendant toute la période où il exerça ses mandats, il fit en telle sorte de camoufler sa judéité !  J’en déduisis que celle-ci, connue dans la section de Molenbeek en l’occurrence, aurait pu lui causer un certain tort !

 

Deuxième exemple.

Dans une section du Nord-Ouest de Bruxelles, le président élu à la tête de celle-ci fut, un mauvais jour, confronté à un curieux déballage.  Un membre de la section faisant courir le bruit que la femme de cet éphémère président était Juive, et « qu’il fallait donc se méfier de ce président »,  celui-ci crut devoir publiquement, lors d’une réunion de la section, affirmer que cette référence à sa femme était faite pour lui nuire !  Il n’avait pas tort.   Ah ! bon, donc d’après ce gentil membre, le fait d’avoir épousé une Juive lui porte préjudice au sein d’une section du PS !  Curieuse réaction… qui me fait penser au classement imposé par les lois de Nuremberg de 1935 où ceux qui avaient épousé des Juifs ou des Juives étaient considérés comme des « Mischling. »  En un mot comme en cent, si vous étiez marié à un Juif ou une Juive, vous n’étiez plus un citoyen comme un autre… N’est-ce pas là une atroce résurgence du plus ignoble des passés !

 

Troisième exemple.

Un malheureux garçon devient président d’une section du PS, celle-ci est à la dérive, les militants ont déserté en masse, il reste tout au plus une bonne vingtaine de membres.  Dans cette section farcie de médiocrité et de rancœur, une élection a lieu !  Quelqu’un est élu !  Même si les votants peuvent facilement tenir dans une cabine téléphonique !  Mais il y a un hic !  Son père serait Juif !  Aie !  Aie !  Aie !  Surtout ne pas le dire !  Cacher autant que possible, ce qui semble bien apparaître en certains lieux comme une humiliante tare !  Eh ! Oui ! Cela se passe comme cela dans certaines sections de la fédération bruxelloise du PS.  Ce parti qui depuis sa création s’est battu pour faire régner la philosophie des lumières.  Quand les lumières risquent de faire perdre des voix… pas de problème on les éteint !

 

Quatrième exemple.

Dans une importante section d’une commune tout aussi importante, un candidat s’est présenté aux élections.  Lui, peu de doute,  son nom le qualifie immédiatement, difficile de cacher sa filiation !  Pendant la campagne électorale, il sera obligé d’aller « s’expliquer », son origine aurait posé problème ; pas dans la section, il figurait en excellente position sur la liste… Mais il posait manifestement de très sérieux problèmes aux électeurs potentiels de cette liste, qui d’ailleurs a perdu pour la deuxième fois les élections !  J’apprends d’ailleurs aujourd’hui, sur le site internet de la RTBF que ce même élu, est amené à « s’expliquer » à nouveau à propos de certaines déclarations qu’il aurait faites à la presse étrangère, celles-ci n’étant pas copie conforme avec le politiquement correct que l’on peut attendre dans cette fédération de l’un de ses élus !

 

Cinquième exemple.

Il y a quatre ans, la composante culturelle de la section PS de Molenbeek avait organisé une conférence, l’annonce de celle-ci était faite par affiche.  Cette affiche était l’exacte copie des caricatures nazies du Juif !  Digne de l’exposition qui pendant la guerre a été organisée à Paris et à Bruxelles sur le thème « sachez reconnaître un Juif ».  Sur l’affiche, un Juif, nez crochu, mains pourvues d’ongles démesurément longs et crochus, longue barbe, tresses traditionnelles et kippa, tenant un globe terrestre entre ses mains ignobles.  Oui !  Oui ! Il a été possible de produire et de diffuser une telle affiche dans l’organe culturel du PS de Molenbeek !  Effroyable !  Mais c’est l’horrible, l’ignoble vérité !  Ne croyez vous pas que cela explique certains des derniers événements !
Ah ! j’oubliais… pas d’amalgame !

 

Sixième exemple.

Un mandataire municipal de Molenbeek et parlementaire régional, n’a-t-il pas traité un journaliste «  d’ordure sioniste » ? Le même n’a-t-il pas affirmé qu’il se sentait proche du Hamas dont il faut peut-être rappeler que cet organisme figure sur la liste des organisations terroristes établie par l’ONU !  Ces déclarations ne lui ont causé aucun tort !  Il a été publiquement qualifié de « type bien » par la présidente de notre fédération.  Ce même parlementaire se fera d’ailleurs embarqué par la police car il participait avec véhémence à une manifestation devant le commissariat de sa commune où avait été amenée une femme entièrement voilée qui avait refusé le contrôle de police !  Étonnant pour quelqu’un qui à l’époque faisait partie de la majorité communale et donc assumait l’autorité sur les forces de police !  Éclairant non !

 

Septième exemple.

Celui-ci se passe non pas au PS mais au SP.  L’un des mandataires de cette formation politique qui se proclame de gauche participait à Anvers il y a quelques années à une manifestation dont l’un des slogans hurlés à pleine voix étaient « les juifs dans le gaz ! »    Sympathique hein !  Pas la moindre réaction des autorités politiques de sa formation politique où ce faiseur de voix, l’un des rares, dépasse grâce à une campagne électorale exclusivement communautariste, sa tête de liste !   Pas la moindre réaction au parlement Bruxellois !  Tout le monde s’en fout !   C’est le triomphe de l’islamo-gauchisme jusqu’à ses ultimes ignominies.

 

Vous ne trouvez pas que cela fait beaucoup !

L’un doit « s’expliquer » pendant une campagne électorale parce qu’il est Juif, il doit « s’expliquer » sur ses déclarations à la presse sur la situation à Bruxelles alors qu’il n’a fait que décrire une terrible réalité, l’autre qui se dit proche du Hamas et traite un journaliste « d’ordure sioniste » est qualifié par la direction du parti de « type bien » !  Inquiétant non !

Comment s’étonner de l’attitude de ceux qui n’ont pas voulu manifester dimanche aux côtés de tels personnages.  Car n’en doutons pas, ceux-ci ne manquent pas de larmes de crocodile quand il s’agit de pleurer les victimes des attentats.  Le stock de larmes est plein… y en aura pour tout le monde… cela n’empêchera aucun de ces socialistes ayant troqué le rouge pour le brun d’aller demain solliciter des voix dans les mosquées où règnent l’antisémitisme et l’obscurantisme moyenâgeux le plus rétrograde.

 

Voyage en Israël et en Palestine.

Hier, j’ai regardé le reportage sur cette très belle initiative de Simone Susskind, parlementaire PS bruxelloise, qui a amené une quarantaine de jeunes de toutes origines en Israël et en Palestine.  Je fus très impressionné par la déclaration d’une jeune étudiante.  Au sortir du mémorial de Yad Vashem, le journaliste lui demande ses impressions sur ce qu’elle a vu.  Réponse de la jeune fille : « je suis très impressionnée, mais j’ai peur qu’en rentrant quand je vais dire ce que j’ai vu, on va me dire que j’ai été manipulée » !  Oui !  On en est là, la pression antisémite est à ce point forte que la réalité sera transfigurée en manipulation.

 

Responsabilités.

Qu’elle est lourde notre responsabilité !  Nous n’avons pas été capables de transmettre nos valeurs, nous avons choisi l’immédiateté des succès électoraux à un travail en profondeur.  Nous n’avons pas voulu voir ce qui se profilait, nous avons été témoins muets, concourant par des réglementations fondées sur de bons sentiments, complices de la ghettoïsation de nos écoles, de nos foyers sociaux, de nos quartiers !  Voilà la réalité que d’aucuns se refusent de voir car elle dérange leurs plans de carrière.  Et ce malgré le fait que l’horreur au sens propre du terme leur éclate à la figure.

Quelle trahison avons-nous commise à l’égard de ces milliers d’immigrés qui courageusement se sont intégrés, font des carrières exceptionnelles, ont sauté tous les obstacles mis par le racisme et la discrimination… et nous leur préférons le dernier des obscurantistes pourvu qu’il rapporte des voix !

J’attends plus !  J’attends mieux de mon vieux grand parti !  Je ne perds pas courage car je vois autour de moi, de plus en plus de membres et non des moindres, certains exerçant parfois de très importantes fonctions admettre que les terrifiants pépins du réel doivent être pris en compte.

 

Putain.. Il respire encore !

Un petit mot … pour une chose de peu d’importance.  Il y a deux mois, l’un des anciens présidents de ma section rencontrait le secrétaire fédéral de notre parti qui y tient le rôle envié de muet du sérail.  Mon nom fit irruption dans la conversation.  Mon ami, lui précisant que depuis octobre 2012, je n’exerçais plus aucune fonction, que je n’avais plus assisté à la moindre réunion comme je l’avais annoncé après la réception où j’avais annoncé mon retrait de la vie politique locale ;  le secrétaire fédéral eut alors cette curieuse réaction : « oui ! mais il écrit encore ! »  Je me permets de signaler à notre très soumis secrétaire fédéral que pour moi le temps qui passe, c’est le temps qui reste et qu’il ne se préoccupe pas trop… je finirai bien par mourir !

 

Dieudonné Président… Pourquoi pas !

Il y a déjà fort longtemps, ma section du PS a voulu me nommer « Président d’Honneur » dans nos statuts locaux.  Je ne sais pas si c’est toujours le cas.  J’avoue que cela m’a toujours semblé ridicule.  Sauf que maintenant, il me semble envisageable que Dieudonné me remplace dans cet immense honneur !

 

Hermanus, A M

22:37 Écrit par justitia & veritas | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Antwerpen (Anvers) / Tennis: "Vous auriez dû être gazés!" (in: DH, 30/07/2016)

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